Critique

La veille de la sortie de Seirens, voici une nouvelle chronique par Clem du blog You Can Read. Retrouvez la chronique complète ici.

"Le tome 1 sort tout bientôt, et c’est avec curiosité que je m’y suis plongée. Le monde des sirènes n’est pas forcément un univers qui m’attire et, hormis la Petite Sirène et Aquaman je n’ai pas vraiment d’expérience en la matière. Seirens n’est donc pas un livre que j’aurai découvert de moi-même, mais c'était sans compter sur le pack Plume Blanche.

Au final, mon immersion à Rénatia aura été vraiment enrichissante et, si je ressors de ma lecture plutôt mitigée, j’ai noté beaucoup beaucoup de bonnes choses dans ce premier opus, qui me font espérer un second tome plus à mon goût. Mon âge joue peut-être aussi sur l’appréciation de ce récit qui est plus orientée jeunesse je crois.

L’univers de Melissa Scanu nous est livré dans un écrin magnifique : l’objet livre que l’on découvre est vraiment superbe. Une couverture sur laquelle on a vraiment l’impression de voir des gouttes d’eau (je me suis fait avoir plusieurs fois), des illustrations que l’on découvre au fil des pages, des petites bulles toutes mignonnes sur les paginations, un glossaire en fin de volume ; on sent vraiment le travail de mise en page.

En plus d’être bien présenté, son univers est également très riche et poussé : elle invente des expressions propres à son peuple (que l’on retrouve dans le glossaire), des habitudes de vie, alimentaires, des cités, un système de gouvernement et d’organisation ; on arrive sans mal à se représenter l'univers lagunaire de Rénatia puis les profondeurs Lamynte, les deux contrées Seirens. Le petit plus que j’ai trouvé très intéressant, ce sont les comparaisons avec les terriens faites par Fay qui se retrouve avec une queue du jour au lendemain, après avoir passé 18 ans dans la peau d’une terrestre. 

Là où mon avis est un peu plus mitigé, c’est sur l’intrigue et la façon dont les choses nous sont présentées. J’ai trouvé la première partie du récit plutôt longue ; cela est dû au fait que le monde des Seirens est très complexe et que, comme nous, Fey le découvre. Il y a donc beaucoup de choses à mettre en place avant que l’action ne débute réellement. J’ai également trouvé les évènements assez prévisibles, il n’y a qu’en ce qui concerne Katell et Tyfenn que j’ai été un peu surprise. Si les sentiments de Fey sur la tempête d’émotions qui la traverse sont bien décrits, je n’ai pas été saisie, je me suis retrouvée spectatrice et n’ai pas vécu les choses. C’est assez difficile à expliquer, mais j’ai apprécié ma lecture et la découverte du monde des Seirens tout en éprouvant une certaine gêne, m’empêchant de m’attacher à certains personnages, comme Arthur par exemple que j’ai trouvé trop lisse.

L’aventure a pris une toute autre tournure pour moi à la découverte de Lamynte, la seconde citée Seirens (peut-être suis-je attirée par le côté obscur). J’ai déjà plus accroché avec les personnages et l’intrigue devient plus « sombre » et surtout plus mystérieuse. Tout comme Fey, j’ai été très intriguée par Lamynte, voulant en savoir plus sur ce domaine interdit. Des lettres censurées, un complot… rien de tel pour éveiller à nouveau ma curiosité. 

Melissa Scanu transpose certains éléments de notre actualité dans le monde sous-marin où les intrigues politiques, la manipulation de masse ou encore les révoltes ne sont pas en reste. Le lien avec le passé et la dernière guerre qui a opposé Lamyntiens et Rénatiens à travers les lettres proscrites, qui contiennent de grandes révélations est très bien trouvé. Et, si les actes de Fey m’ont toujours semblé irréfléchis, collant à son impulsivité, je n’ai pas oublié qu’elle n’avait QUE 18 ans, débarquait dans un monde inconnu et avait un caractère bien trempé. Cela la rend un tantinet agaçante voire égoïste, en même temps que ça en fait quelqu’un de courageux (ou d’inconscient ?). Fey est en perpétuelle recherche de soi, elle chercher à concilier son passé et son présent tout en acceptant les évènements tragiques qu'elle a vécu et pour lesquels elle ressent de la culpabilité. Malgré son air sûr d'elle, elle se sent seule au monde et ne sait pas comment y remédier sans trahir (ses parents notamment). La partie romance reste en arrière plan dans Rivage, même si, j'ai eu plus d'une fois peur de voir apparaitre un triangle amoureux… 

Ce premier tome se termine sur les chapeaux de roue et, j’ai bon espoir que le second reprenne dans cette continuité ; maintenant que le décor est planté, nous allons pouvoir découvrir plus en profondeur les personnages et de nouvelles révélations sur les peuples Seirens."