Melissa Scanu

15 août 2018

Les bêta-lecteurs : la passerelle entre l'auteur et le lecteur

Conseil

Les bêta-lecteurs : la passerelle entre l'auteur et le lecteur

 

Ça y est, vous avez terminé la rédaction, la relecture et les corrections de votre roman. Vous l'avez perfectionné autant que possible mais avant de le proposer aux maisons d'édition et bien sûr de l'envisager entre les mains de lecteurs, il vous manque le regard extérieur et neutre d'un voire de plusieurs bêta-lecteurs. C'est important, cette étape ne doit pas vous effrayer, ni être zappée, et elle vous apportera beaucoup. Un bêta-lecteur n'est pas un correcteur (même s'il peut faire les deux) mais un lecteur qui va se concentrer sur le fond de votre histoire. Le correcteur, lui, interviendra après, une fois que le travail sur le fond sera terminé.

Traditionnellement, cette étape de bêta-lecture se fait après l'écriture, mais vous pouvez également faire le choix de vous faire relire en cours de rédaction, surtout si vous débutez. Quoi qu'il en soit, vient forcément un moment où il faut oser se confronter au regard d'autrui, même si cela fait peur. C'est indispensable. Après des mois plongé dans votre texte, vous n'avez plus le recul nécessaire pour le perfectionner. 

 

(Presque) tout le monde peut devenir bêta-lecteur

 

Théoriquement, beaucoup d'individus, quel que soit leur âge, leur éducation, leur milieu social ou leurs goûts, peuvent remplir ce rôle. En trouver un, c'est déjà bien, mais l'idéal est d'en avoir plusieurs, pour varier les profils et les avis. Cela peut être des personnes qui vous connaissent bien ou pas du tout. Idéalement, un peu des deux, et de différents profils, pour avoir l'avis d'un public varié. Il n'y a pas de nombre idéal mais entre trois et cinq, cela me paraît déjà bien. Évitez de proposer votre roman à toutes les personnes que vous connaissez : trop de retours vous perturberont, et puis n'oubliez pas que ce n'est encore que la version bêta de votre futur chef-d'oeuvre ;) 

Il existe des forums et des groupes sur Internet dédiés à la bêta-lecture, mais le plus simple est encore de puiser dans votre propre liste de connaissances.

Veillez à ne pas proposer votre œuvre à des profils qui ne lui correspondent pas : ce n'est pas la peine de faire lire votre roman d'amour à votre cousine en plein divorce aigrie, votre polar violent à quelqu'un de très sensible qui aura une surprise désagréable, ou à des lecteurs mineurs ou très jeunes votre texte s'il contient des scènes osées... 

L'important est de ne pas imposer votre travail à quelqu'un. Si vous dites simplement que vous allez avoir besoin de bêta-lecteurs, si la personne a envie de le faire, elle vous le proposera sans doute spontanément. Même quelqu'un qui lit beaucoup n'aura pas forcément l'envie d'être bêta-lecteur : déjà, parce que c'est une grande responsabilité et que certains peuvent ne pas s'en sentir capables (par contre ils se feront une joie d'acheter votre roman une fois sorti en librairie et de le promouvoir :)) Aussi parce qu'un bêta-lecteur n'est pas un simple lecteur : au-delà du plaisir de lecture, il faut lire de manière très minutieuse, ouvrir son esprit critique pour traquer les coquilles, relever les choses qui ne vont pas, sans oublier d'en faire un retour constructif... Tout le monde a-t-il vraiment le temps pour cela, et en est-il même capable ?

 

Qu'attendre de vos bêta-lecteur ?

 

Une fois que vous avez trouvé vos bêta-lecteurs, soyez clairs sur ce que vous attendez d'eux, surtout si c'est la première fois qu'ils font cette expérience. N'hésitez pas à leur confier vos doutes et vos faiblesses typiques pour qu'ils y soient attentifs. Ce sera du temps de gagné. 

Le mieux est de les laisser vous faire un bilan personnel à leur manière, pourvu qu'ils en fassent un, et constructif de préférence. Que ce soit un retour général, un bilan à la fin de chaque chapitre, ou prendre des notes au fil de la lecture... N'hésitez pas à en discuter ensemble avant.

Si vous êtes très méthodique (et qu'ils sont motivés, ou peu sûrs de savoir comment s'y prendre), vous pouvez même leur proposer de remplir une sorte de fiche de lecture. Je m'en suis servie pour l'une de mes lectrices de Seirensqui n'avait jamais été bêta et qui avait un peu de mal à savoir comment résumer ses impressions. Ce quiz peut être adapté à tout autre texte.

 

Quiz Seirens

1. Comment as-tu vécu cette lecture ? As-tu lu à un rythme relativement régulier ? As-tu eu besoin de faire des pauses ? As-tu failli abandonner à certains moments ? 

2. Comment résumerais-tu l'histoire en une ou deux phrases ?

 3. Comment as-tu perçu l'ambiance générale ?

 4. Y a-t-il des passages qui t'ont particulièrement marqué(e) ? fait rire ? ému(e) ?

 5. Y a-t-il des passages sur lesquels tu as buté parce qu'ils étaient ennuyeux, peu clairs ou autre ?

 6. As-tu trouvé des faiblesses au niveau du fond ? (longueurs, points à développer, incohérences, problèmes de rythme, intrigue, personnages...)

 7. Et de la forme ? (style, fautes, langage, clichés...)

 8. À quel(s) personnage(s) t'es-tu le plus attaché(e) ou identifié(e) ? Pour quelle raison ?

 9. Quels personnages t'ont marqué(e), en bien ou en mal et pourquoi ?

 10. T'attendais-tu aux différents rebondissements ?

 11. Si tu devais changer une (ou plusieurs) chose(s) à l'histoire, qu'est-ce que ça serait  ?

 12. Sachant qu'une suite existe, as-tu : envie de la lire au plus vite / peut-être envie de la lire à l'occasion / pas spécialement envie de la lire ?

 13. Conseillerais-tu ce roman à des gens ? Pourquoi et quel public ?

 14. Que pourrais-tu mettre en avant pour « vendre » cette histoire ?

 15. Qu'a-t-elle d'original que tu n'avais jamais lu avant ?

 16. Y a-t-il une histoire avec laquelle tu pourrais faire une comparaison ?

 17. Si tu devais donner une note sur 10 objective au roman, laquelle serait-ce ?

 18. Et ta note subjective ? Ou alors dire à quel point cela t'a plu : l'histoire ne t'a pas du tout emballé(e) / tu as trouvé ça moyen / tu as passé un moment sympathique / c'est un coup de cœur ...

 19. As-tu un dernier commentaire à faire, si les questions ne t'ont pas donné l'occasion d'en parler ?

 20. As-tu des questions ?

 

Les bêta-lecteurs à éviter :

 

Le lecteur fantôme : Autrement connu sous le nom de « lecteur qui ne sert à rien ». Sur le coup, il est très impressionné d'apprendre que vous avez fini d'écrire votre roman et vous dit avec enthousiasme de ne pas hésiter à le lui envoyer pour avoir son avis. Ce que vous faites sans tarder. Les semaines puis les mois passent et vous n'avez toujours pas de retour. Alors que vous tentez une relance, espérant qu'il est proche de la fin, il vous apprend qu'il n'a même pas encore commencé ! Flatteur, n'est-ce pas ? Le pire : qu'il finisse par le lire en diagonale et vous en fasse un retour foireux, pour se débarrasser de vous. Pour pallier cela, lors de l'envoi, fixez (poliment) une date limite de retour (tout de même assez large, au moins un mois, mais c'est adaptable selon la longueur de votre texte) en expliquant que vous avez déjà prévu un calendrier précis de présentation aux éditeurs. 

 

Le lecteur escargot : C'est un cousin du lecteur fantôme. Nous ne lisons pas tous à la même vitesse et ne disposons pas tous du même temps libre, c'est un fait. C'est déjà sympa qu'on se propose de lire notre roman, mais, soyons d'accord, il faut tout de même se dépêcher un minimum, sachant que vous attendez le retour de vos lecteurs avant l'envoi aux éditeurs. C'est une question de respect, quand on s'engage à bêta-reader un livre. Sinon, on n'a qu'à refuser, vous ne lui avez pas mis le couteau sous la gorge. Si au bout de six mois, votre lecteur n'en est toujours qu'au chapitre 2, laissez tomber. Vous allez perdre du temps pour un retour peut-être décevant et décousu (il aura oublié le début une fois arrivé à la fin !) Et votre livre sera peut-être déjà publié avant qu'il ait terminé ! Pour éviter que cela n'arrive, utilisez la même technique que vue dans le point précédent.

 

Le lecteur profiteur : C'est un lecteur qui va lire votre roman mais vous fera un tout petit retour, souvent pas du tout utile, du genre « C'était sympa. » En gros, il n'a pas honoré son rôle et a seulement considéré votre livre comme un ebook gratuit. Méfiez-vous de ces lecteurs qui sont en plus très « généreux », au point de ne pas hésiter à faire profiter leurs amis de votre œuvre, parfois sans vous le dire, ou seulement après. Le pompon : que votre roman soit publié et que ce lecteur ne l'achète même pas, sous prétexte qu'il l'a déjà lu. Si vous vous faites avoir, rappelez-le à l'ordre : votre travail mérite le respect, et vous aussi.

 

Le lecteur trop gentil : Ou encore lecteur « groupie ». Étonnamment, le plus dangereux pour le bien de votre roman. En général, c'est un très bon ami, quelqu'un de votre famille, voire votre amoureux(se). Il n'y a rien de mal à se faire relire par des proches : ce seront les premiers à vouloir vous rendre ce service et en plus, ils vous connaissent bien. Mais le risque est de confier cette tâche à quelqu'un de trop doux, qui voudra à tout prix vous faire plaisir et n'osera pas pointer les faiblesses, prétendant qu'il a tout aimé et que vous êtes absolument génial, la plupart de ses commentaires se résumant à des « j'ado(ooo)re ! » sans justifications. Ça fait plaisir, c'est certain, mais ce n'est pas très constructif, surtout quand vous sentez que ça sonne faux. Ou peut-être qu'il est sincère, mais au stade « bêta », ce n'est pas ce dont vous avez besoin. Par contre si tous vos lecteurs réagissent ainsi, même les plus féroces, confiez-moi vite votre secret ;)

 

Le lecteur trop méchant : À l'inverse, ce lecteur-là est redoutable. Souvent, c'est quelqu'un de très cultivé, ou avec un métier de « requin », et des idées bien arrêtées. Il ne va pas hésiter à vous dire les choses sans détours, quitte à vous blesser en méprisant votre texte. Il faut s'entourer de personnes critiques, je vais y venir, mais le risque à avoir ce genre de lecteur impitoyable et qui ne mâche pas ses mots est de vous brusquer, de vous faire de la peine, voire de complètement vous décourager et de vous traumatiser au point que même si vous gagnez un Prix Nobel de littérature un jour, vous n'oserez jamais lui faire relire la moindre ligne de vous. Sans compter le fait que si vous avez un fort caractère, vous risquez de vous braquer et de vous fâcher avec lui.

 

Les bêta-lecteurs à rechercher :

 

Le lecteur fan : C'est un lecteur qui adore lire bien sûr, et particulièrement dans le genre de votre roman. Comme il s'y connaît, il pourra très facilement vous dire si votre texte s'inscrit dans son genre de prédilection, s'il en respecte les codes tout en se démarquant, et pourra même vous donner de bons conseils pour améliorer certains points de l'histoire. Si dans l'ensemble, il a aimé votre livre, c'est bon signe ! (un clin d'oeil pour Jérémy et Nico ;))

 

Le lecteur lambda : Peut-être votre lecteur le plus important ! Il peut avoir n'importe quel profil, pourvu qu'il aime (un minimum) lire. Il va représenter le lectorat de base, ouvert à tout (celui qui n'achèterait pas forcément votre roman mais qui le fera si un élément lui a donné envie) et son avis (souvent spontané) peut s'avérer très intéressant. C'est le type de lecteur principal qu'on rencontre sur les plateformes en ligne. (un clin d'oeil pour Sabrina et Dorothée ;))

 

Le lecteur littéraire : Professeur de lettres, bibliothécaire, chroniqueur littéraire voire écrivain lui-même, c'est quelqu'un qui possède une formation littéraire et qui manie les mots au quotidien. Avec son esprit d'analyse fine, il vous sera d'une aide précieuse sur la forme mais aussi sur le fond, vous aidera à repérer les clichés, les faiblesses de l'intrigue, les problèmes de rythme, les longueurs, les points à développer... (un clin d'oeil pour Aline et Lorinda ;))

 

Le lecteur pointilleux : Celui-ci est vraiment indispensable, alors que ce n'est pas le plus courant. C'est le « chiant » qui, sans vous démonter comme le ferait le « lecteur méchant » sera critique au point de ne laisser passer aucune incohérence, aucun fait inexpliqué ou émotion inexploitée, vous demandera « pourquoi » et « comment » à tout bout de champ, dans le but d'améliorer votre texte jusqu'à la perfection car il croit vraiment en votre projet et à son potentiel. Vous risquez de le haïr à certains moments, mais à la fin, c'est sans doute celui que vous remercierez en premier quand votre roman paraîtra, et vous admettrez que vous n'en seriez peut-être pas là sans lui. (un clin d'oeil pour Jean-Mat ;))

 

Acceptez également la possibilité que des lecteurs décident de ne pas achever leur lecture. C'est blessant, certes, que quelque chose qui vient de votre cœur puisse indifférer. Mais au moins, vous l'avouer est une marque d'honnêteté et de respect, au lieu de vous faire attendre inutilement. Personnellement, je suis incapable de me forcer à terminer un livre si celui-ci ne me parle pas et que je n'arrive pas à entrer dedans, même si l'auteur est un ami. Cela ne veut pas forcément dire que votre livre est mauvais, mais seulement qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Et ce n'est pas une fatalité. Il m'est arrivé d'adorer un roman et d'en détester un autre pourtant écrit par le même auteur. En revanche, si tous vos lecteurs réagissent ainsi, vous pourrez vous poser la question... ;)

 

Les bêta-lecteurs partiels utiles :

 

Le spécialiste thématique : Ce lecteur pourra lire seulement des extraits ou des chapitres clés de votre roman, par exemple traitant d'un sujet, d'un lieu ou d'un métier dont il est spécialiste et vous non (« engagez » donc autant de spécialistes que nécessaire). Le rôle ici est de vous donner son avis sur les détails techniques, pour vous dire s'ils sont crédibles aux yeux d'un connaisseur, même s'il ne connait pas l'histoire.

 

L'écouteur d'histoires : Et pourquoi, au lieu de faire lire votre roman, vous ne le raconteriez pas ? Vous pourrez lire ou faire lire à ce lecteur votre résumé détaillé (qui dévoile la fin). Là, il ne s'agit pas de se focaliser sur le détail mais sur l'histoire dans sa globalité. Le lecteur idéal pour ça : quelqu'un qui n'aime pas lire mais qui adore pourtant les (bonnes) histoires (un féru de cinéma ou de séries par exemple). Il pourra vous dire, à partir du résumé, si votre intrigue tient la route, si les rebondissements sont bien équilibrés... Si ça donne envie, tout simplement. Si jamais vous hésitez sur un point, par exemple là où vous bêta-lecteurs classiques vous ont mis le doute, vous pourrez également lui en faire part et avoir son opinion.

 

Le correcteur : C'est normalement le dernier à intervenir, seulement une fois que vous avez abouti à un fond qui vous convient (car à quoi bon faire corriger des passages qui vont changer, disparaître alors que d'autres vont naître ?) Expert de la langue française, ce lecteur pourra s'intéresser principalement (ou exclusivement) à la forme en vous aidant à traquer toutes les coquilles. Cela vous évitera de payer des sommes importantes sur des sites proposant ce genre de services. Bien sûr, si vous signez un contrat chez un éditeur, celui-ci s'occupera des corrections finales. Mais ce n'est pas une raison pour laisser des fautes énormes : déjà, vous diminuerez vos chances d'être publié, et c'est une question de respect, et de fierté aussi je crois.

 

Dans tous les cas, un bon bêta-lecteur est un lecteur bienveillant mais critique, encourageant mais honnête, et surtout quelqu'un de confiance. Et n'oubliez pas qu'en tout cas, votre lecteur le plus sévère et exigeant, ça doit être vous.

 

Comment gérer les différents retours ?

 

Normalement, tous vos lecteurs vous feront un bilan. Certains vous écriront un commentaire général en fin de lecture, d'autres prendront des notes en direct sur le manuscrit même (ma méthode préférée), d'autres encore vous feront part de leurs impressions en vrac de vive-voix (préparez-vous à prendre des notes !), ou à mesure de leur lecture, ou via la fameuse fiche de lecture... À chacun sa manière de procéder, mais le plus important est : une fois tous ces avis recueillis, vous en faites quoi exactement ?

Le mieux, c'est de rassembler ces critiques. Faites-en un fichier unique sur votre ordinateur au sein du dossier de votre roman, par exemple. Lisez-les et relisez-les pour vous en imprégner et y penser. Et laissez passer un peu de temps avant de reprendre votre texte.

Concentrez-vous déjà sur les points qui reviennent le plus, voire qui font l'unanimité. Il y a de fortes chances que ce soit un point clé à modifier. De manière générale, ce qui vous parle tout de suite, c'est ce qui est juste. 

Pour les points où les avis sont partagés et où vous hésitez, demandez des détails à vos bêta-lecteurs en leur posant des questions, recherchez de nouveaux avis, et prenez le temps de prendre du recul pour bien réfléchir. Mais fiez-vous vraiment à leurs impressions : vous connaissez votre histoire, elle est claire pour vous, mais si certains points n'ont pas été compris comme vous le souhaitiez, ça vaut la peine de les retravailler.

Gardez en tête que les avis sont subjectifs et qu'il ne faut pas tout accepter comme parole d'Evangile. S'il y a des critiques que vous trouvez injustifiées, ou qui ne vous parlent vraiment pas, eh bien, ignorez-les et restez fidèle à votre idée de base. C'est vous l'auteur, vous restez le seul maître à bord et il vous faut être prêt à changer des choses mais à condition que cela vous plaise sans que vous ayez l'impression de dénaturer votre travail.

Enfin, un point important si jamais votre livre est publié, ce que je vous souhaite de tout cœur. Vos bêta-lecteurs seront vraisemblablement très fiers de vous, voire un peu d'eux-mêmes puisqu'ils vous auront aidé. D'ailleurs pensez à les inclure dans vos remerciements sur votre page de garde si vous y avez droit, du moins ceux qui vous auront vraiment été utiles. Ils voudront l'acheter et que vous le leur dédicaciez. Mais... en attendant, le texte (du moins une version brouillon) sera encore en leur possession. Ce n'est pas gênant en soi et vous faites ce que vous voulez, mais je vous conseillerais de leur recommander, une fois leur lecture et les discussions à ce sujet terminées, de détruire le manuscrit. Le supprimer de leur boite mail et de leur ordinateur, ou de déchirer la version papier. Sans remettre en cause leur honnêteté bien sûr, mais on ne sait jamais. Une étourderie, un hackage, un vol d'ordinateur, un cambriolage... Certes vous aurez sans doute fait protéger votre texte contre le plagiat avant, mais on ne sait jamais. Vous n'aimeriez pas qu'un ebook gratuit de votre livre circule sur le net, n'est-ce pas ? C'est sans doute mon côté parano, mais mieux vaut prévenir que guérir. En revanche, pour les bêta-lecteurs qui n'auront pas eu ou pris le temps de lire votre livre, c'est une exigence à avoir je pense, par principe.

 

Et l'éditeur ?

 

Les maisons d'édition qui refuseront votre manuscrit (il y en aura, ne rêvons pas) ne vous feront généralement pas de retour critique, faute de temps, et parce que ce n'est pas leur rôle de toute façon. Mais si un comité de lecture prend la peine de vous dire ce qu'il a pensé de votre livre, même succinctement, ce sera sans doute une critique professionnelle très enrichissante qui pourra vous aider à progresser (même si encore une fois tout est subjectif et ses conseils n'iront peut-être que dans le sens de son propre catalogue). 

En revanche, un éditeur qui accepte de publier votre roman sera votre dernier et ultime bêta-lecteur. Et pas des moindres ! C'est son métier, il s'y connaît et vous fera sans doute un bilan extrêmement constructif. Et même si votre projet lui plaît, avant de le publier il vous demandera certainement de modifier encore des choses. Là, le dialogue et les compromis sont de mise, pour être sûr d'aller dans le même sens. 

Si tout va bien, il vous fera des critiques bienveillantes qui vous parleront, voire qui vous enthousiasmeront car vous aurez le sentiment que c'était tout ce qui manquait pour que votre roman soit vraiment parfait. 

En revanche, s'il veut vous faire effectuer des changements trop importants, charcuter des chapitres entiers, voire dénaturer l'esprit du livre, notamment pour des raisons commerciales ou le faire rentrer dans les clous de l'une de ses collections, attention. Votre roman, c'est votre bébé, et il mérite de paraître avec vos valeurs et l'esprit que vous avez voulu lui donner. Si un éditeur ne comprend pas cela, osez dire non, et, si aucune négociation n'est possible, tentez votre chance ailleurs, auprès de quelqu'un qui appréciera votre livre à sa juste valeur et saura le faire « vivre ».

 

Et vous, avez-vous déjà eu des bêta-lecteurs ? Quels profils avez-vous rencontrés ? Cela vous a-t-il aidé ? L'avez-vous déjà été pour quelqu'un ?

Posté par Melissa Scanu à 17:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


25 avril 2018

Retrouvez-moi en dédicace à Forbach

Dédicace

samedi 28 avril 2018 : Dédicace d'Autre jour, autre endroit à Quartier Livres (108 rue Nationale, 57600 Forbach) de 14h30 à 17h30.

*

(edit) Quelques photos de cet évènement : 

33717423_1824104470970322_6989156085567324160_n

31117410_463404424088800_4743965248281232264_n

Posté par Melissa Scanu à 15:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 avril 2018

Retrouvez-moi en dédicace à Coquelles

Dédicace

samedi 14 avril 2018 : Dédicace d'Autre jour, autre endroit à Furet du Nord (Cité Europe, 62231 Coquelles) de 14h à 19h.

*

(edit) Quelques photos de cet évènement : 

30709123_1783991311648305_1775875011452491590_n

30706255_1783991308314972_2295531065188854106_n

Posté par Melissa Scanu à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 février 2018

S'entraîner à écrire

 

Conseil

 

S'entraîner à écrire

 

À moins d'être incroyablement doué, travailleur et chanceux, vous aurez peu de chances de voir votre tout premier texte achevé être publié, surtout si comme moi, vous avez commencé à écrire très jeune. En général, les premiers écrits ne servent qu'à apprendre à écrire, à se connaître en tant qu'auteur.

Si la passion et le désir d'écrire sont innés, les qualités d'écrivain, elles, s'acquièrent. Pour cela, il y a trois clés, selon moi.

La première, c'est de lire. D'aimer les mots, les histoires, les livres. Mon article sur la lecture explique en détail pourquoi c'est indispensable quand on écrit, et il ne faut pas la négliger. On peut avoir beaucoup d'imagination et de bonnes idées, si on n'a jamais été lecteur (j'entends lire régulièrement, et par plaisir) on risque fort de ne pas maîtriser les codes propres à la littérature (et se retrouver par exemple avec des clichés issus du cinéma dont les codes sont différents). Et aussi d'avoir un style médiocre (au mieux pauvre ou banal, au pire maladroit ou truffé de fautes), ce qui n'arrive généralement pas quand on est un lecteur régulier.

La deuxième clé, c'est l'expérience de vie, ou maturité. C'est en partie pour cela que j'ai arrêté d'écrire pendant des années avant de m'y remettre. J'avais de bonnes idées, mais un tel manque de maturité, sur la vie et les gens, que cela se ressentait sur mes écrits, qui étaient souvent naïfs au niveau du fond, et clichés dans la forme. Je ne dis pas que tout le monde est comme moi, ni que je me suis totalement guérie de mes anciens travers. Mais ce qui est sûr, c'est que le temps, apportant expérience et maturité, y a grandement contribué. Surtout que ma période de prédilection, c'est l'adolescence et le début de l'âge adulte. Écrire sur cette tranche d'âge à présent que j'en suis sortie m'est plus aisé, avec l'expérience et la maturité qui me donnent un regard plus critique, et donc plus réaliste.

Comme ces deux premières clés sont très subjectives et dépendant du vécu, des compétences et de la personnalité de chacun, je me concentrerai principalement sur la troisième : les entraînements à l'écriture. Car l'écriture, c'est comme le sport, les maths, les langues étrangères et n'importe quelle compétence : on peut avoir des facilités à l'origine, mais c'est en travaillant et en s'entraînant qu'on progresse. Le premier exercice qu'on a tous connu, c'était les rédactions à l'école. Si c'était un cauchemar pour certains, pour moi, c'était un vrai plaisir, et je trouvais même cela injuste d'être notée sur quelque chose qui ne me donnait absolument pas l'impression de travailler tellement ça allait de soi. Mais il y en a d'autres.

 

Dans la vie de tous les jours

 

Qu'on ait un métier en rapport avec l'écriture ou pas, on est tous amenés à écrire régulièrement dans notre vie quotidienne. Que ce soit des e-mails, des lettres manuscrites, des récits d'anecdotes, un journal de bord, des critiques cinématographiques ou littéraires, des articles de blog, sur les réseaux sociaux, des messages de forum, un carnet de voyage, ou même de simples listes... Tout est prétexte à écrire, et si ce genre d'écrit est purement informatif ou pratique, cela n'est pas une raison pour négliger le style ! Assurez-vous d'utiliser de belles formules, de varier votre vocabulaire, et évidemment de ne pas laisser de fautes. Cela paraît bête, mais ce sont des petits entraînements quotidiens mine de rien, surtout si on n'a jamais beaucoup écrit.

 

Les exercices d'écriture

 

Vous pouvez les réaliser en atelier ou en solitaire. Il en existe beaucoup, que vous pouvez trouver en ligne. En voici quelques exemples.

Pour développer son imagination : Imaginez une histoire à partir d'un fait divers, ou d'une seule phrase (trouvée au hasard dans un livre). Vous pouvez également faire l'inverse (partir de la dernière phrase ou de la chute). Imposez-vous un titre, ou une série de mots à assembler pour créer une histoire cohérente. Ou encore écrivez une fin alternative à un roman ou un film...

Pour développer son sens de la description : Écrivez à partir de supports visuels comme une photo, un lieu, ou un objet.

Pour s'entraîner à coucher ses émotions par écrit : Écrivez à partir d'une chanson, d'une œuvre d'art, écrivez des poèmes ou faites des portraits chinois.

Pour faire un peu de psychologie : Écrivez sur une personne (réelle ou fictive), une citation, ou un simple mot.

Pour développer son vocabulaire : Faites des acrostiches ou entraînez-vous à faire des rimes.

 

Les nouvelles

 

Sans doute l'un des meilleurs entraînements à l'écriture qui soit. Il faut savoir que si la nouvelle est un genre peu lu par le public, et donc très peu publié par des maisons d'édition, il est néanmoins très répandu et populaire, et fait l'objet de nombreux concours, locaux, régionaux et nationaux. Contrairement à ce que beaucoup pensent, la nouvelle n'est pas un mini roman, mais obéit à ses propres règles, et se concluant toujours par une chute spectaculaire.

Dans une nouvelle, il faut soigner le style, et d'autant plus que le texte est court (généralement entre 3 et 12 pages), détailler suffisamment mais sans trop s'attarder pour respecter la longueur du texte, trouver le bon rythme, et surtout, finir sur une chute à la fois évidente mais complètement inattendue, qui rendra votre texte inoubliable. C'est donc un excellent moyen de s'entraîner, d'autant qu'il y a souvent des contraintes, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire. Souvent, dans les concours, le thème est imposé, ou alors il faut commencer ou finir par une phrase précise... Bref, un véritable défi.

Dans les concours de nouvelles, les juges sont souvent des littéraires confirmés. Le fait que la nouvelle se lise vite permet de donner un aperçu de notre style et de notre capacité à mener à bien une intrigue qu'un début de roman ne permettrait pas. Cela donne ainsi souvent l'occasion d'avoir un retour critique et juste de notre façon d'écrire. Et si ces critiques peuvent être salées, c'est souvent très constructif, et aide à progresser.

Quand j'étais au lycée, mon établissement participait chaque année à un concours de nouvelles de tous les lycées de la région. Chaque année, je tentais ma chance. Et en terminale, j'ai finalement fait partie du palmarès (cinquième ou sixième je crois), ce qui m'a donné un réel coup de boost ! Par la suite, grâce à Internet, j'ai continué à suivre les divers concours de nouvelles proposés en France, ce qui m'a permis de continuer à m'entraîner.

Aujourd'hui, je n'en écris plus et n'en lis pas non plus, mais je ne renierai jamais cette expérience qui m'a permis de me confronter à mes faiblesses et à progresser.

À noter que participer à (et gagner) des concours de nouvelles est un bon moyen pour se faire repérer et que de nombreux écrivains ont commencé ainsi.

 

Les fanfictions

 

Ah, les fanfictions, fanfics ou fics pour les initiés ! J'y ai consacré des pages et des pages lors de mon adolescence et le début de l'âge adulte. Le principe (controversé) est de reprendre un univers déjà connu, que celui-ci soit fictif (un roman, un film, une série, un manga...) ou réel (un groupe de musique, un acteur...) et d'inventer une histoire dessus, sans aucun but commercial mais le simple plaisir de la partager avec une communauté de fans. J'ai écrit sur plusieurs thèmes que j'aimais, notamment sur Harry Potter, et les fanfictions sont un très bon exercice d'écriture (moins intellectuel que les nouvelles, mais non moins intéressant). L'avantage est d'écrire sur un monde ou des personnes déjà connues de soi et des lecteurs. Cela permet de partir avec une base solide, idéal quand on débute. En plus, selon l'importance de la communauté de lecteurs sur le thème que vous avez choisi, vous recevez des retours de lecteurs à travers des « reviews ».

Si avant je gardais jalousement et pudiquement mes écrits pour moi seule, à travers les fics, j'ai enfin eu l'occasion de partager des textes avec des lecteurs. Ces lecteurs étant des inconnus, ils ont l'objectivité et l'honnêteté que n'auraient pas forcément des amis, et c'est parfait pour avoir des critiques. Forcément, sur ce genre de sites, on reçoit beaucoup de critiques « vides », positives comme négatives mais aucun détail, mais souvent, on a affaire à des lecteurs très exigeants et qui font des retours très constructifs. Comme tout le monde, j'ai reçu des critiques, mais dans l'ensemble, mes textes plaisaient, et c'est véritablement ce qui m'a donné la confiance et le courage de continuer à écrire et d'aller plus loin. Régulièrement encouragée par les lecteurs à me lancer dans mes propres histoires, c'est ce que j'ai fait, une fois que je me suis sentie prête.

D'ailleurs, si les fanfictions n'appartiennent qu'à l'univers des fans sur Internet, certaines sont si bien écrites qu'elles valent la peine de les « personnaliser » pour en faire de véritables histoires. D'ailleurs, pour information, la célèbre série After est à la base une fanfiction (sur le chanteur du groupe One Direction, Harry Styles rebaptisé Hardin), et 50 shades of Grey, de Twilight, où la passion de l'érotisme a remplacé les vampires.

 

Les fictions en ligne

 

Comme pour les fanfictions, il existe des plateformes en ligne (Wattpad, Fictionpress...) pour poster des histoires, mais originales. J'avoue que c'est une expérience que je n'ai jamais faite, peut-être par paranoïa de poster des textes originaux en ligne, mais cela reste un bon entraînement, et le fait de poster son histoire chapitre après chapitre et de recueillir les commentaires des lecteurs en parallèles, peut bien aider et aiguiller. En revanche, attention à avoir les épaules pour supporter la critique : sur Internet, les gens ne sont pas tendres, c'est bien connu ! Si j'avais publié en ligne ce que j'écrivais à quatorze ans, j'aurais inévitablement récolté de très mauvais commentaires qui m'auraient peut-être dégoûtée à jamais de l'écriture. Alors méfiance. D'autant que (et cela n'engage que moi) je ne suis pas sûre de la bienveillance et des compétences littéraires des lecteurs sur ce genre de sites.

 

Après tout cela, vous serez véritablement prêts à vous lancer. Et ce sera peut-être le moment de reprendre, avec le recul des années et de l'expérience, ce fameux premier texte fini, qu'à l'époque vous trouviez génial, mais qui, vous vous rendez compte, est plein de défauts et de maladresse. Courage, si le potentiel est là, vous le retravaillerez. Et pourquoi pas réellement faire publier, en fait, votre premier roman. Certes après avoir dormi longtemps et été retravaillé longuement, mais ce sera tout de même toujours votre premier roman.

 

Et vous, quels entraînements suivez-vous ou avez-vous suivi pour améliorer votre plume ?

Posté par Melissa Scanu à 13:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

09 février 2018

Retrouvez-moi en dédicace à Calais

Dédicace

samedi 10 février 2018 : Dédicace d'Autre jour, autre endroit à Auchan Calais (Centre Commercial les 2 Caps, Avenue Roger Salengro, 62100 Calais) de 10h à 18h.

*

(edit) Quelques photos de cet évènement : 

Auchan Calais 10 février 2018UNADJUSTEDNONRAW_thumb_10d3

Auchan Calais 10 février 2018UNADJUSTEDNONRAW_thumb_10d2

Auchan Calais 10 février 2018fSF1f6bgS1aFLwJUxMu+9w_thumb_10d4 

Posté par Melissa Scanu à 17:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


02 février 2018

Retrouvez-moi en dédicace à Boulogne sur Mer

Dédicace

samedi 3 février 2018 : Dédicace d'Autre jour, autre endroit à Auchan Boulogne (42 Route nationale, 62280 Boulogne-sur-Mer) de 10h à 17h.

*

(edit) Quelques photos de cet évènement :  

Auchan Boulogne 3 février 2018UNADJUSTEDNONRAW_thumb_10c0

Auchan Boulogne 3 février 2018UNADJUSTEDNONRAW_thumb_10ba

Auchan Boulogne 3 février 2018UNADJUSTEDNONRAW_thumb_10be

Posté par Melissa Scanu à 17:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 janvier 2018

Le rôle de la lecture quand on écrit

Conseil

Le rôle de la lecture quand on écrit

 

Je m'étonne de constater que souvent, lecture et écriture ne vont pas de pair. Bien sûr, on peut être un grand lecteur et ne pas ressentir l'envie et le besoin d'écrire, mais l'inverse, écrire sans lire, me paraît assez surprenant. Pour moi, c'est indispensable de lire, quand on écrit. En-dehors des projets d'écriture, mais aussi pendant. Sans parler de quantité ou de qualité, lire de manière régulière est primordiale. Quand j'étais étudiante (les années « faciles » hors concours ;)), je tenais à jour une liste et lisais en moyenne dix livres par mois (incluant mes lectures fac et mes lectures plaisir). Aujourd'hui, je ne compte plus, et j'ai moins de temps, mais dois en lire entre deux et quatre. En général dans mon bilan mensuel, il y a un « gros » livre que je prends le temps de lire, et quelques lectures légères et relaxantes, où j'en ai toujours au moins une en cours.

 

Se forger une culture littéraire

 

Quand on aspire à devenir écrivain, je pense humblement qu'il faut avoir lu les classiques et les grands auteurs (du moins un certain nombre), rien que par respect des grands noms de la littérature où l'on souhaite se faire une (toute petite) place et pour sa propre culture littéraire. Après, on n'est pas obligé d'adorer Maupassant et Shakespeare, ni d'emporter Balzac à la plage bien sûr, mais en avoir fait l'expérience, c'est bien. Il faudrait également lire des romans contemporains, des nouveautés, et malgré vos préférences, ne pas rechigner à varier les genres (dit celle qui ne lit jamais de polars malgré les conseils ;))

Tout cela vous permettra de vous forger une culture littéraire, savoir ce qui s'est fait dans le passé, se fait actuellement... Être un lecteur assidu et curieux, tout simplement.

 

Améliorer son style

 

Le fait de lire, a priori n'importe quoi qui ait été officiellement publié (et donc critiqué et corrigé par un éditeur) est une véritable nourriture pour l'écrivain. C'est bien connu, les personnes qui parlent et écrivent le mieux, qui ne font pas de fautes, ne se répètent pas et ont un vocabulaire étendu, sont celles qui lisent. Car à force de lire, on maîtrise la grammaire sans même avoir à réfléchir aux règles, on étoffe son lexique, on exprime ses idées avec plus de naturel et même de beauté. Et une fois qu'on passe à l'écrit, c'est beaucoup plus facile de laisser les mots sortir et, par la suite, de trouver son propre style.

 

Lire le genre qu'on écrit

 

Alors, bien sûr, il vous faut surtout lire des romans dans le genre de ce que vous écrivez. Ce dernier point tombe sous le sens puisqu'en général, on aime écrire ce qu'on aime lire. Il est bon d'avoir un et même plusieurs maîtres d'écriture, et ne pas hésiter à découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux sous-genres...

Cela vous permettra d'être familier des traditions et des « règles » de votre genre de prédilection (que ce soit pour les suivre avec originalité, subtilement les briser ou les recréer à votre façon), des ficelles et même des clichés, pour les connaître et les détourner, ou les exploiter à votre sauce. Et être plus à même, ainsi, de créer quelque chose qui soit à la fois fidèle aux codes d'usage attendus (et qui vous plaisent à vous avant tout bien sûr) mais qui soit également original, nouveau, proposant un angle jusqu'alors inexploité.

 

Développer son imagination

 

Au-delà de tous les bienfaits de la lecture déjà cités, il est indéniable que, là où la télévision impose des images et abrutit le spectateur, la lecture, elle, nécessite au lecteur d'être actif et imaginatif. Elle développe donc l'imagination et, automatiquement, l'inspiration. L'imagination étant le super-pouvoir de l'écrivain, il faut considérer la lecture comme une nourriture la stimulant.

Bien sûr, le rôle premier des romans est de divertir et faire rêver le lecteur, de lui faire passer un bon moment, au-delà de ce qu'il recherche : apprendre, voyager, avoir peur, élucider des mystères, éprouver de grandes émotions sentimentales ou épiques... Et en plus, comme cela stimule l'imagination, c'est aussi une bonne façon de contrer la panne d'inspiration. Quand j'ai une petite « crise de la page blanche » ou que j'ai fait une overdose d'écriture, en guise de pause, en général je lis. Et une fois reposée, cela me redonne les clés pour m'y remettre... Magique !

 

Assumer ce qu'on lit

 

Ce qui m'énerve profondément, c'est cette manie prétentieuse de vouloir lire et faire lire exclusivement des « grands auteurs », des « grands romans », qu'ils soient classiques ou contemporains, le genre de romans très bien écrits, au style littéraire irréprochable, avec une histoire profonde, pleine de symbolisme, de fines critiques du monde, qu'on étudie à l'école et qui rendent intelligent. Vous voyez de quoi je parle ? Je ne nie pas l'importance de connaître ce genre de chefs-d'oeuvres, il m'arrive encore d'en lire (parfois pendant les vacances pour rattraper ce que je n'ai pas voulu lire au lycée quand j'y étais alors obligée ;)), mais de là à mépriser le reste, je dis non !

Je tombe trop régulièrement sur des gens qui confient avoir lu tel ou tel livre en se sentant obligés de se justifier « On me l'a prêté », « Je n'avais plus rien à lire », « C'était juste pour voir. » ou sur des articles de blogs littéraires se permettant de faire des « tops » des pires livres qu'on avoue avoir lus ! Certains genres, notamment la romance et la fantasy, sont trop souvent victimes de ce type d'injustices. Quand j'y pense, même Harry Potter était critiqué à l'époque pour cela, et avec le recul, c'est devenu un classique du genre, c'est d'une ironie ! J'avoue et assume totalement lire régulièrement des « romans de gare » pour citer le terme le moins irrespectueux, avoir cédé à la mode des 50 shades of Grey, After, Hunger Games, Twilight et autres, que tout le monde critique mais que tout le monde lit quand même. Je n'ai pas tout aimé, mais je ne permets pas d'émettre des jugements et à les classer dans la catégorie de « mauvaise littérature ». Si mauvaise littérature il y a, généralement, les maisons d'éditions ne prennent pas le risque de la publier, ou en tout cas, cela ne se vend pas. Alors on peut qualifier ce genre de livres de tout ce qu'on veut, en attendant, ils marchent, sont ré-édités, font parler d'eux, sont même adaptés au cinéma, et surtout, ils plaisent et font rêver des lecteurs. Alors pourquoi les enfoncer à tout prix ?

Et entre nous, le pire « roman de gare » sera toujours plus intelligent à prendre que la plupart des émissions de divertissement actuelles, n'est-ce pas ?

 

En bref, lisez. Variez vos lectures. Parlez-en. Faites lire vos enfants. Donnez aux livres une place importante de votre quotidien.

 

Et vous, êtes-vous un grand lecteur ? Quels genres de livres lisez-vous ? À quel point trouvez-vous la lecture importante quand on écrit ?

Posté par Melissa Scanu à 21:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

07 janvier 2018

Critique d'Autre jour, autre endroit par le blog A touch of blue... Marine

Critique

Une nouvelle critique d'Autre jour, autre endroit est parue. Elle vient de Marine, une future collègue de chez Gloriana puisque son roman sortira en avril 2018 et j'ai hâte de le découvrir ! En attendant, voici sa review qui m'a fait très plaisir :) Encore merci d'avoir pris le temps de lire et de partager mon livre, Marine !

Son blog

Sa page FB auteur 

Le premier petit roman de la collection Lovestory des éditions Gloriana, c’est celui-ci. Une couverture magique et un pitch qui donne vraiment envie… vous vous en doutez, j’ai sauté sur l’occasion dès qu’il était commandable 🙂 En plus, cela me permet de découvrir mes co-auteurs, frères et sœurs de catalogue puisque mon premier roman paraîtra également chez Gloriana en avril 2018.

Dans ce roman, nous suivons les pas de Valentine et d’Anthony, deux étrangers qui se rencontrent dans un aéroport. Une rencontre mignonne tout plein lors de laquelle Valentine tente de parler anglais (ce qui n’est vraiment pas son forté) et où Anthony la fait fondre de par son charme. Ils vont se donner rendez-vous un an plus tard, dans une gare (à un autre endroit, vous l’avez compris), sans même échanger leur coordonnées. Ils n’ont donc aucune information si ce n’est le prénom de l’autre et quelques brefs indices sur ce qu’ils comptent faire lors de l’année qui va les séparer.

S’ensuit alors la vie. Tout simplement. Valentine va passer une année en Amérique où elle va prendre autant de kilos qu’il y a de mois dans l’année. Et Anthony, de son côté, va devoir faire face à des difficultés d’ordres familiales. Ce n’est donc pas qu’ils ne le voulaient pas… mais les événements vont faire qu’ils ne se retrouveront pas un an plus tard !

Une romance toute douce où l’on apprend à connaître des héros et leurs secrets les plus personnels. Leur histoires sont touchantes et remplie de réalisme. L’auteur ne va pas chercher à inventer des faits incroyables qui n’arrivent que très rarement. Elle nous présente ici des faits de tous les jours, les choses de la vie qui font que parfois, on ne peut pas avoir ce que l’on veut, quand on le veut.

Mais ne vous inquiétez pas, le destin (et l’auteur évidemment) va faire en sorte que ces jeunes tourtereaux aient leur chance. Le décor est original, notamment l’Italie et sa gastronomie qui m’a mise l’eau à la bouche. Un roman qui se lit très vite et qui vous redonnera le sourire et de l’espoir pour l’année nouvelle.

 

Posté par Melissa Scanu à 22:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

29 décembre 2017

Écrire sur un thème précis

Conseil

Écrire sur un thème précis

 

Que vous écriviez de la science-fiction, de la romance, du policier ou autre, vous avez sans doute un thème précis au cœur de votre roman. D'où la fameuse littérature de genres. Même si c'est un thème que vous connaissez très bien depuis toujours, l'idéal est de vous en imprégner avant et pendant votre rédaction, pour en imprégner alors naturellement votre texte.

 

Se mettre dans l'ambiance... physiquement

 

Il y a des thèmes dont il est plus aisé de s'imprégner, à commencer par ce qui est proche de vous sur le plan physique, ou géographique. Par exemple, si vous écrivez un roman d'amour se situant dans une fac et que vous êtes vous-même une étudiante en fleur (^^) il vous sera facile d'être dans l'ambiance. Si vous voulez écrire sur la Chine et que vous vous y trouvez actuellement, c'est parfait ! Tout ce qui vous permettra de vous mettre dans l'ambiance avant, pendant voire après (en puisant dans vos souvenirs ou vos anciens carnets personnels) votre rédaction est idéal, car cela apportera une ambiance et un réalisme particuliers à votre histoire.

 

Se mettre dans l'ambiance... virtuellement

 

Il n'est pas toujours possible de se mettre physiquement dans l'ambiance de votre histoire. Tout simplement parce que vous n'avez pas toujours forcément envie d'écrire sur ce qui est proche de vous. Par exemple, si c'est sur une partie de l'Histoire que vous maîtrisez peu, un endroit du globe que vous n'avez pas encore eu l'occasion de visiter, ou tout simplement parce que vous écrivez de la fantasy et que votre thème n'existe pas dans le monde réel. Est-ce que cela doit vous arrêter pour autant ? Bien sûr que non ! Au contraire, même ! Voici comment procéder dans les points suivants.

 

Faire des recherches

 

Franchement, je me demande souvent comment on faisait, avant l'ère d'Internet. Oui, je le sais : on ouvrait son bon vieux dictionnaire ou la grosse encyclopédie familiale et on cherchait. Mais honnêtement, Internet ne simplifie-t-il pas tellement la vie ? En plus des dictionnaires et des encyclopédies en ligne, il y a les forums, les blogs, les sites officiels et toutes sortes de sources (à toujours vérifier bien sûr)... En quelques clics, on peut obtenir des informations objectives ou subjectives sur quasiment n'importe quoi. Il faut s'en servir ! Mais intelligemment bien sûr, tout le monde sait que, à l'instar de la télévision, il ne faut pas croire tout ce qu'on lit sur Internet. Variez, multipliez et vérifiez toujours vos sources.

 

S'imprégner des créations

 

C'est peut-être le point le plus important. Quand on écrit sur un thème, il faut s'imprégner du plus de créations possibles à ce sujet : romans, films, séries, chansons... N'importe quoi. Pas dans le but de les copier, mais pour savoir ce qui se fait, a été fait, et en identifier les codes. Non seulement, cela vous permettra de rester dans le bain, mais en plus, fait non négligeable, cela vous montrera ce qui a déjà été traité et abordé sur votre thème. Car vous ne voulez sans doute pas raconter une histoire ou un point de vue qui a été vu pléthores de fois ? Ou alors, en veillant à bien personnaliser votre propos.

En amont, en aval et surtout pendant ma rédaction de Seirens, je me suis imprégnée de tout ce qui concernait l'univers des sirènes. J'ai eu la chance de pouvoir entrer dans ce thème physiquement, dans une certaine mesure. Pas en en rencontrant malheureusement, mais parce que je venais justement d'emménager au bord de la mer. J'ai également fait de la plongée sous-marine (expérience pas des plus agréables pour moi, mais je me le devais). Virtuellement, je m'y suis attelée très sérieusement. Cela a pris du temps (des mois), mais je me suis mise à lire tout ce qui avait été écrit sur le thème des sirènes, que ce soit des anthologies, pour en saisir l'essence et l'origine, mais surtout des romans. Cela a été d'autant plus important que ce n'est pas un thème très répandu. J'ai fait de même avec les films, les séries, les musiques d'ambiance... Bref, tout ce qui me tombait sous la main et me permettait d'être « dedans ».

 

Reconnaître l'importance d'autrui

 

Les personnes réelles, comme vous et moi, sont une formidable source d'inspiration, que ce soit pour leurs connaissances que pour leur expérience personnelle. Chacun a une histoire riche, intéressante, et tout un monde intérieur dont vous pourriez avoir à apprendre et vous en servir pour vos écrits. Je ne parle pas ici de vous en inspirer pour vos personnages (sujet d'un autre article) mais de vos textes eux-mêmes. Si quelqu'un que vous connaissez a vécu une situation que vous souhaitez exploiter, demandez-lui ses impressions, comment il l'a vécu.

Vous pouvez également vous servir de vos proches et connaissances pour vous aiguiller sur un domaine ou métier qu'ils maitrisent et vous non. Mon métier d'enseignante me donne la chance d'être entourée de spécialistes de divers domaines : pour des détails scientifiques, j'ai mes collègues de sciences, si j'ai une question historique, des collègues d'Histoire à proximité, et même des profs de français si j'ai un doute sur tel point de grammaire pour ma rédaction. Donc pensez à vos (anciens) profs, ou à défaut de connaître quelqu'un dans le domaine qui vous intéresse, si Internet ne vous satisfait pas, n'hésitez pas à aller sur le terrain (si cela s'y prête bien sûr et qu'il ne s'agit pas d'un métier criminel ;))

 

Glorifier l'imagination

 

Enfin en parallèle à tout cela, votre arme la plus précieuse est bien entendu votre imagination, votre super-pouvoir d'écrivain ! Une fois que vous avez tout le matériau pour développer au mieux votre thème, le pouvoir de votre imagination sera ce qui portera votre histoire. Alors ne vous en privez pas : imaginez, rêvez, créez, écrivez !

 

Et vous, comment faites-vous pour écrire sur un thème précis ?

Posté par Melissa Scanu à 10:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

23 décembre 2017

Retrouvez-moi en dédicace à Calais

Dédicace

samedi 23 décembre 2017 : Dédicace d'Autre jour, autre endroit à Auchan Calais (Centre Commercial les 2 Caps, Avenue Roger Salengro, 62100 Calais) de 14h à 18h.

*

(edit) Quelques photos de cet évènement : 

 

Auchan Calais 23 décembre 2017UNADJUSTEDNONRAW_thumb_1052

 

Posté par Melissa Scanu à 12:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]